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Ametis

poême d'Edouard-René

Et puisque tout s’efface,



Quand je perdais hier et mon père et ma mère,
Quand mon âme attristée enfantait la colère,
Je maudissais le sort criant mon désarroi,
J’en voulais au destin qui ébranlait ma foi.

Puis le temps s’écoula avec bien d’autres peines
Mais aussi des bonheurs, la vie est une scène
Où la pièce jouée engendre la gaîté
Ou nourrit la tristesse assombrissant l’été.

La vie est ce bouquet qu’on hume et qui enivre,
Qui nous fait oublier la fin de notre livre
Quand ses fleurs faneront sans choisir sa saison ;
La vie est un combat qui naît de la raison.

stylo - © DR

Et puisque tout s’efface
Devant le temps qui passe,
Laissez courir ma main
Graver mon parchemin.


Quand s’assombrit le ciel, on prie, on s’interroge,
On devient sourd à tout, seul le bruit de l’horloge
Nous tient juste en éveil, on boude le présent
En attendant demain des jours bien moins pesants.

Quand ne passe un été sans qu’un ami s’efface,
Quand son âge devient, devant ce temps qui passe,
Celui de ses parents quand ils nous ont quittés,
Il faut alors braver ces temps de vérité.

Quand le pas est moins sûr, quand se courbe l’échine,
Quand le cheveu blanchit et que le gris domine
On se met à haïr le sablier du temps,
On hésite à compter ses trop nombreux printemps.

stylo - © DR

Et puisque tout s’efface
Devant le temps qui passe,
Laissez courir ma main
Graver mon parchemin.


Pardonnez mon tourment, excusez ma complainte,
La plume a pris ma place et c’était bien ma crainte,
Je la sais libérée et j’essaierai demain
De freiner son élan sur mes prochains chemins.

D’ailleurs j’entends au loin un enfant plein de vie
Peut-être est-ce le mien ? Voilà que je l’envie ;
Je vais ranger ma plume oublier mes tourments
Et je vais lui conter des récits plus charmants.



Roscoff, mai 2018

Ed.René Sidorkiewicz


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